Un stade en liesse, un essai d’anthologie, puis… le silence. Dimanche, à Ernest-Wallon, tout s’est arrêté pendant quelques minutes. Ange Capuozzo, auteur de l’essai libérateur face à Sale en huitième de finale de Champions Cup, est resté au sol, contraint de quitter la pelouse sur civière. Une image glaçante, qui contraste avec l’éclat de sa performance individuelle.
Une victoire européenne au goût amer
Le Stade Toulousain s’est imposé 31-17 face aux Sale Sharks et file en quarts de finale, où il retrouvera Toulon. Un succès face à une équipe anglaise très joueuse, qui a posé de nombreuses difficultés aux Rouge et Noir. Si la première période a été marquée par un jeu approximatif et une domination anglaise dans les collisions, les hommes d’Ugo Mola ont haussé le curseur après la pause.
Mais malgré cette montée en puissance, l’euphorie a été douchée. Sur une relance exceptionnelle en fin de rencontre, Ange Capuozzo a dynamité la défense adverse à partir de la ligne médiane, terminant l’action sous les poteaux. Une performance étincelante, comme il en a le secret. Pourtant, c’est au sol qu’il a terminé cette action, touché physiquement après l’avoir conclue.
Capuozzo, le feu-follet au cœur du dispositif toulousain
Depuis son arrivée en provenance du FC Grenoble en 2022, Ange Capuozzo s’est imposé comme un facteur X du Stade Toulousain. Son profil électrique, ses appuis déroutants et sa lecture du jeu en font un atout précieux, aussi bien sur la scène nationale qu’européenne. Face à Sale, encore une fois, il a été l’élément déclencheur du sursaut toulousain, symbolisant à lui seul la résilience et l’audace de ce groupe.
Si les premiers examens n’ont révélé aucune fracture, comme l’a confirmé le club après les tests médicaux initiaux, la prudence reste de mise. L’indisponibilité de l’arrière italien pourrait peser lourd, alors que le Stade s’apprête à disputer les phases finales du Top 14 en parallèle de son parcours européen.
L’émotion de Julien Marchand : « Il a donné sa santé »
Julien Marchand, capitaine exemplaire et voix du collectif toulousain, n’a pas caché son inquiétude après la rencontre. Interrogé par La Dépêche, il a exprimé son soutien à son coéquipier :
« Je ne peux rien vous dire pour le moment. Ange va rapidement passer des examens et le club communiquera ensuite très vite je pense. J’espère que ce n’est pas trop grave car c’est un joueur majeur de l’effectif. Il a donné sa santé pour marquer cet essai. Cela fait malheureusement partie de notre sport même si on ne joue pas au rugby pour se faire mal. Dès qu’un des nôtres est touché, c’est toujours un moment triste. Personne n’aime voir des joueurs sortir comme ça. »
Ces mots puissants témoignent de la solidarité régnant dans le vestiaire toulousain. Et rappellent combien Capuozzo est aujourd’hui plus qu’un simple élément de l’effectif : il en est devenu une pièce centrale, capable d’inverser le cours d’un match à tout moment.
Quels enjeux pour la suite ?
L’éventuelle absence de Capuozzo ouvre des questions stratégiques pour Ugo Mola. Le staff pourra-t-il réintégrer Thomas Ramos à l’arrière sur la durée, ou confier plus de responsabilités à Juan Cruz Mallía ? La polyvalence est un atout toulousain, mais la précision chirurgicale de Capuozzo sur les relances manquerait cruellement dans les matchs couperets à venir.
Sur la route de la double conquête – Top 14 et Champions Cup – toute absence compte. Et même si Ernest-Wallon s’est levé pour applaudir la sortie du maestro italien, c’est tout un club qui retient son souffle en attendant un diagnostic plus précis.