Le feuilleton de la saison de Romain Ntamack prend une tournure inattendue. Le demi d’ouverture du Stade Toulousain, pourtant revenu sur les terrains après une longue convalescence, devra subir une nouvelle intervention qui bouleverse ses projets estivaux en Bleu.
Une opération nécessaire pour retrouver de la sérénité
Romain Ntamack aspirait à tourner la page d’une saison marquée par les douleurs et l’incertitude. Depuis sa grave blessure survenue le 12 août 2023 face à l’Écosse, lors d’un match de préparation à la Coupe du monde, le numéro 10 rouge et noir n’a jamais réellement paru à 100 %. Malgré un retour précieux pour le Stade Toulousain au milieu de la saison, l’ombre du passé ne s’est jamais vraiment effacée. Il jouait depuis avec un strap volumineux sur le genou gauche, preuve que l’articulation restait fragile.
Dans une volonté de prévenir tout risque de rechute, le staff médical, en accord avec le joueur, a pris une décision claire : Ntamack subira une arthroscopie dès la fin de saison. Cette intervention, légère mais ciblée, permettra de « nettoyer » l’articulation et d’évacuer les gênes persistantes. Un choix purement médical, dicté par la prudence et la perspective d’un retour complet à son meilleur niveau pour la saison 2024-2025.
Un forfait de taille pour le XV de France en Nouvelle-Zélande
Cette décision est un véritable coup de massue pour l’ouvreur toulousain, qui caressait l’espoir d’un retour en fanfare sous le maillot tricolore. La tournée estivale du XV de France en Nouvelle-Zélande, prévue en juillet avec trois tests face aux All Blacks, représentait une opportunité rêvée pour retrouver ses marques au plus haut niveau. Fabien Galthié devra donc composer sans l’un de ses cadres à l’ouverture. Selon Midi Olympique, la nouvelle est désormais actée : Ntamack ne fera pas partie du groupe des Bleus cet été.
Pour le sélectionneur, cela pose un enjeu majeur : quelle hiérarchie à l’ouverture durant la tournée ? Avec Matthieu Jalibert qui revient lui aussi d’une saison hachée, et les options jeunes comme Louis Bielle-Biarrey repositionné plus récemment, le poste clé de numéro 10 sera scruté avec attention. L’absence de Ntamack n’est pas anodine : sa capacité à lire le jeu, sa complémentarité historique avec Dupont, et son sang-froid dans les grands rendez-vous manquera forcément.
Un enjeu crucial pour Toulouse en fin de saison
Côté Rouge et Noir, l’intervention tombe après les phases finales, ce qui reste un soulagement pour Ugo Mola. Car malgré les bobos, Ntamack demeure essentiel dans l’animation offensive toulousaine. Les échéances cruciales se profilent : Top 14, Champions Cup… aucune rotation de luxe n’est envisageable en cette fin de saison où chaque match est une bataille pour la suprématie.
En accordant la priorité au club jusqu’au terme de cette campagne, le joueur et son entourage montrent une gestion exemplaire de sa récupération. Un choix qui évite aussi tout risque de rechute dans un contexte de matchs intenses comme ceux du Tournoi d’été. Mais à long terme, il faudra surveiller l’état de son genou : s’il doit recourir de nouveau à des soins spécifiques l’an prochain, la question du rythme et de la continuité de jeu sans coupure deviendra centrale.
Une relance reportée mais pas annulée
Au final, ce contretemps – frustrant, certes – n’éclipse pas les promesses que Romain Ntamack continue de nourrir. À seulement 25 ans, il reste une pierre angulaire de l’avenir tricolore. Si la tournée des Bleus en Nouvelle-Zélande lui échappe, c’est pour garantir un retour plus durable au-devant de la scène l’automne prochain. Entre prudence, ambition et sacrifice, c’est une nouvelle page dans le parcours déjà dense de celui que beaucoup voyaient déjà capitaine pour les années à venir.