Jamais battu en Champions Cup depuis ses débuts, Dimitri Delibes pourrait bien incarner l’arme secrète du Stade Toulousain pour franchir l’obstacle bordelais ce week-end.
Delibes, l’invincibilité européenne au service du Stade Toulousain
Dimanche à Bordeaux, à l’occasion de la demi-finale de la Champions Cup, un joueur va subtilement concentrer toutes les attentions : Dimitri Delibes. L’ailier formé à Blagnac va vivre sa toute première demi-finale européenne avec Toulouse… et poursuit parallèlement une série stupéfiante : jamais une défaite en Champions Cup ! En 13 apparitions dans la compétition, Delibes affiche un impressionnant bilan de 12 victoires et 1 nul. Un ratio unique dans l’effectif toulousain actuel.
C’est face au Munster en 2022 qu’il s’était révélé aux yeux du grand public, lors d’un huitième de finale tendu et physique. Depuis, Ugo Mola, fin stratège, n’hésite pas à miser sur lui lors des rendez-vous d’envergure. Sa capacité à répondre présent dans les moments chauds fait de lui une valeur sûre, bien que parfois dans l’ombre des Ramos, Lebel ou autre Capuozzo.
Face à l’, Delibes sera confronté à l’un des triangles offensifs les plus explosifs d’Europe : Damian Penaud, Louis Bielle-Biarrey et Romain Buros. Une occasion parfaite pour l’ailier toulousain de démontrer qu’il n’est pas qu’un joueur de statistiques, mais aussi un mur défensif et un finisseur efficace. Car avec le retour attendu de Blair Kinghorn et Thomas Ramos pour une éventuelle finale, toute performance de haut vol pourrait faire la différence dans la hiérarchie des lignes arrière.
Capuozzo, Chocobares, Delibes : les invincibles d’Europe
Delibes n’est pas seul dans cette étrange série d’invincibilité toulousaine. À ses côtés, deux autres joueurs entretiennent une dynamique tout aussi étonnante : Ange Capuozzo et Santiago Chocobares. Le trois-quarts italien comme le centre argentin n’ont encore jamais connu la moindre défaite lorsqu’ils ont foulé la Champions Cup avec le Stade Toulousain, que ce soit en tant que titulaires ou remplaçants.
Coïncidence ou réel facteur de réussite ? Si l’adage dit que « les chiffres ne mentent pas », Mola semble lui en tout cas prêt à employer cette dynamique comme levier psychologique. Tirer profit des automatismes de groupe, surfer sur les traditions implicites, maximiser la moindre donnée favorable : voilà tout le génie du staff toulousain, qui n’hésite pas à jongler entre données sportives et signaux intangibles pour décoder chaque plan de bataille.
Un tel alliage autour de joueurs au profil différent mais au rendement identique en Champions Cup transforme ce trio discret en véritables porte-bonheurs, symboles d’un Stade Toulousain aussi solide qu’instinctif dans sa gestion des grandes rencontres européennes.
Un rôle déterminant dans la quête du cinquième sacre ?
Quatre fois titré depuis le passage à l’ère Champions Cup moderne (1996, 2003, 2005, 2010, 2021), le Stade Toulousain vise une sixième étoile cette saison. Et cette édition 2023-2024 voit se dessiner une finale potentielle contre le Leinster ou Northampton, deux colosses aux profils diamétralement opposés.
Comme souvent chez Mola, l’importance accordée aux joueurs ‘de devoir’ est centrale. Delibes, à l’instar de Marchand ou Flament, fait partie de ces éléments qui remplissent leur mission à la perfection, loin du tumulte médiatique, mais toujours là dans les moments qui comptent. Si le Stade espère renouer avec la coupe dorée, il devra certainement s’appuyer sur la solidité de ces invincibles discrets.
La demi-finale à Bordeaux sera donc bien plus qu’un choc de gala entre deux poids lourds du rugby hexagonal. Elle sera un examen à ciel ouvert de ces joueurs-symboles, de ces équilibres subtils qui transforment une simple série d’invincibilité en facteur réel de performance. Delibes, Capuozzo, Chocobares… et si, en plus d’être invaincus, ils étaient indispensables ?