Stade Toulousain : Mola ironise sur la crise des demis de mêlée, une situation qui inquiète

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By Samuel Dion

La poisse continue de s’abattre sur le poste de demi de mêlée du Stade Toulousain. Après la grave blessure d’Antoine Dupont et la sortie de Naoto Saito face au Stade Français, Ugo Mola est contraint à l’improvisation. Le technicien, avec son humour habituel, évoque la possibilité de faire jouer Peato Mauvaka à la mêlée. Mais derrière les sourires, la pénurie est bien réelle.

Un poste sinistré : Dupont out, Saito blessé, Capuozzo absent

Ce n’est plus un souci d’effectif, c’est un état d’urgence. Antoine Dupont, blessé au genou contre l’Irlande pendant le Tournoi des Six Nations (rupture du ligament croisé antérieur), ne rejouera plus cette saison. Un coup de tonnerre pour Toulouse, qui perd non seulement son maître à jouer, mais aussi une pièce centrale du système offensif.

Naoto Saito, qui assurait l’intérim avec brio, a quitté la pelouse contre le Stade Français après avoir été touché à la cheville. Selon les premières informations, il s’agirait d’une entorse externe, mais le timing est préoccupant. Pour ne rien arranger, Ange Capuozzo, qui aurait pu offrir une alternative créative au poste, est lui aussi sur la touche.

Résultat : Paul Graou reste le dernier demi de mêlée expérimenté opérationnel. Pour le suppléer, Mola pourrait se tourner vers les jeunes Simon Daroque ou Nathan Llaveria, encore trop tendres pour assumer un rôle aussi clé dans une fin de saison ultra-compétitive.

Mola tente de gérer avec humour… mais la tension est réelle

Interrogé par Canal+, Ugo Mola n’a pu cacher son inquiétude déguisée sous une pointe d’ironie : « Il a pris une petite entorse externe de la cheville […] On commence à faire des passes à Peato Mauvaka, on fait travailler un petit peu Guillaume Cramont à la mêlée. […] Pour l’instant, il ne fait pas bon porter le neuf chez nous. » (Source : Canal+ Rugby, 20 avril 2025)

Une déclaration amusante, mais qui en dit long. L’absence de recrutement d’un joker pour anticiper ce genre de scénario est aujourd’hui un pari à double tranchant. Mola revendique la volonté de faire confiance à l’effectif en place, mais à l’heure où le Top 14 est à son point d’ébullition et la Champions Cup approche les phases finales, chaque blessure peut coûter très cher.

Quels choix pour la suite ? Analyse des options

Sur le papier, Toulouse ne manque pas de talents, mais le manque de spécialistes au poste de numéro 9 est criant. Paul Graou devra porter l’équipe sur ses épaules, et maintenir un très haut niveau de performance sans véritable doublure expérimentée. Quant aux jeunes Daroque et Llaveria, ils pourraient être propulsés plus vite que prévu dans le grand bain.

Et si les blessures se prolongent ? L’idée d’un joker médical pourrait refaire surface malgré les réticences initiales. Le règlement du Top 14 le permet, à condition que l’indisponibilité dépasse trois mois. Or, avec Dupont forfait jusqu’à la fin de saison et un doute sur Saito, les conditions semblent réunies.

Enfin, si la situation dure, Toulouse pourrait aussi réinventer son animation offensive, avec des joueurs comme Thomas Ramos ou Matthis Lebel capables de couvrir des rôles hybrides, bien que cela reste un plan B risqué.

Quel impact sur les ambitions en Top 14 et en Champions Cup ?

Le Stade Toulousain joue gros dans les semaines à venir. En Top 14, la lutte pour une place directe en demi-finale est féroce, et chaque point compte. Mais c’est surtout en Champions Cup que l’absence de véritable demi de mêlée expérimenté pourrait peser. À ce stade de la compétition européenne, la rigueur, la gestion du tempo et la précision du jeu au pied sont essentielles – des responsabilités traditionnellement endossées par le numéro 9.

Sans Dupont, sans Saito, et avec un Graou en solo, Toulouse va devoir innover, faire preuve de solidarité, et peut-être, recruter. Car aussi solide soit l’effectif rouge et noir, une demi de mêlée improvisée ne pardonnera pas en Coupe d’Europe.

Une chose est sûre : jamais le sort d’un club aussi puissant ne s’est joué sur un poste aussi spécifique… Et Mola, derrière les blagues sur Mauvaka, le sait mieux que quiconque.

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