Le Stade Toulousain vient de vivre un nouveau coup dur au poste de demi de mêlée avec la blessure de Naoto Saito, survenue lors de la précieuse victoire contre le Stade Français. Déjà privé de son capitaine Antoine Dupont jusqu’à la fin de la saison et d’Ange Capuozzo sérieusement touché, le club rouge et noir voit son effectif se réduire dangereusement à l’aube des phases finales.
Une blessure inquiétante pour Naoto Saito
La scène s’est jouée à la 65e minute, sur la pelouse du stade Jean-Bouin. Alors que le Stade Toulousain menait une rencontre clé face à un concurrent direct pour les phases finales du Top 14, Naoto Saito s’est effondré lors d’un regroupement. Visiblement touché à la cheville, le demi de mêlée japonais a immédiatement été remplacé et n’a plus repris la partie. Capté par les caméras de Canal+, il s’est fait glacer la cheville sur le banc de touche – un protocole classique, mais qui n’augure rien de bon quand on connaît les échéances toulousaines à venir.
Le staff est resté prudent sur la gravité de la blessure. En conférence de presse, Virgile Lacombe, entraîneur adjoint chargé des avants, n’a pas caché son inquiétude : « À chaque fois qu’un demi de mêlée se blesse, on est inquiet. On ne sait pas exactement ce qu’il a pour l’instant. Ce serait un coup à la cheville. On espère que ce n’est qu’un coup. Sinon, on s’appuiera sur les jeunes, comme d’habitude (sourire). » (source : Rugbyrama).
Un poste de demi de mêlée sous tension
Avec la blessure longue durée d’Antoine Dupont, actuellement écarté en raison d’une décision médicale pour préserver son intégrité physique après un calendrier 2023-2024 surchargé, Naoto Saito était devenu l’option n°1 au poste. Cette nouvelle alerte redistribue totalement les cartes. Reste désormais Paul Graou, capable de tenir la maison, mais qui ne présente pas non plus l’expérience européenne d’un Dupont ou d’un Saito, particulièrement dans les matchs à très haute intensité.
À leurs côtés, les jeunes espoirs du club, Simon Daroque (22 ans) et Nathan Llaveria (20 ans), pourraient rapidement être sollicités. S’ils ont brillé avec les Espoirs cette saison, leur expérience chez les pros reste limitée. Leur alignement dans une demi-finale de Champions Cup ou un barrage de Top 14 représenterait à la fois un pari audacieux et un aveu de faiblesse.
Quel impact sur les objectifs du Stade Toulousain ?
Le timing de cette nouvelle blessure est particulièrement cruel. Le Stade Toulousain s’est qualifié pour les demi-finales de Champions Cup et reste en course pour un Top 2 qualificatif directement pour les demies du Top 14. Mais ces échéances approchent à grand pas, avec un bloc de matchs ultra exigeant devant. Perdre deux de ses trois principaux demis de mêlée, dans un système basé sur la rapidité, la créativité et la continuité du jeu autour des rucks, fragilise considérablement le plan de jeu toulousain.
Concrètement, cela oblige le staff à ajuster son animation offensive, potentiellement à ralentir le tempo ou à confier davantage le jeu aux numéros 10 comme Thomas Ramos ou Blair Kinghorn, dans un rôle de playmaker élargi. C’est aussi tout le travail de conservation et de couverture défensive qui est à revoir, tant la contribution d’un Antoine Dupont dans ces secteurs était essentielle.
Vers un renfort d’urgence ?
Le club pourrait-il faire appel à un joker médical ? Techniquement, le règlement du Top 14 permet d’enregistrer un joker en cas de blessure longue durée. Mais à ce stade de la saison, et avec une fenêtre de recrutement aussi restreinte, dénicher un demi de mêlée opérationnel et déjà rompu aux exigences du rugby français semble quasi impossible. De plus, Toulouse a toujours privilégié la promotion interne plutôt qu’un recrutement précipité.
En l’état, Toulouse va devoir composer avec ses jeunes prometteurs et un Paul Graou sur tous les fronts. Un défi immense pour le staff d’Ugo Mola, qui n’a désormais plus le droit à l’erreur dans sa gestion des hommes et de la fatigue.