Affaire Jaminet : un remboursement XXL du Stade Toulousain sur fond de polémique

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By Samuel Dion

Le Stade Toulousain n’en a pas encore fini avec l’affaire Melvyn Jaminet. Selon les révélations de Sud Radio, le club haut-garonnais va rembourser l’arrière international à hauteur de 90 % de la somme qu’il avait déboursée pour signer au club en 2022. Une affaire complexe mêlant stratégie contractuelle, contour du salary cap et potentielle sanction réglementaire qui continue d’ébranler le paysage rugbystique français.

Un transfert hors norme : retour sur la genèse du litige

À son arrivée à Toulouse en 2022, Melvyn Jaminet, alors star montante du rugby français, aurait réglé lui-même sa clause libératoire en contractant deux prêts d’un montant total de 450 000 euros. Une somme colossale, appuyée par la promesse implicite d’un remboursement par le Stade Toulousain via un montage financier. L’objectif ? Ne pas comptabiliser cette opération dans le calcul du salary cap, une limite budgétaire imposée par la LNR.

Mais entre la promesse et les faits, le flou s’est épaissi. Malgré les versements effectués, l’argent se serait volatilisé, passant entre les mains d’un intermédiaire dont le rôle reste encore à clarifier. L’affaire a refait surface lorsque Jaminet, désormais joueur du RC Toulon, s’est retrouvé dans une situation financière difficile — notamment à la suite des sanctions prises par Toulon après des propos polémiques tenus en Argentine.

Sud Radio a révélé que le Stade Toulousain allait rembourser une somme équivalente à environ 90 % du total déboursé par le joueur, intérêts compris, soit plus de 500 000 euros. Un geste fort de la part de la direction toulousaine, sans doute destiné à tourner la page… mais qui pourrait ne pas suffire.

L’Autorité de Régulation pourrait sévir : quels risques pour Toulouse ?

Si le joueur est en passe d’être dédommagé, le Stade Toulousain n’est pas tiré d’affaire pour autant. Après avoir déjà écopé d’une « contribution » de 1,3 million d’euros de la part de la LNR, la lumière est désormais tournée vers l’Autorité de Régulation du Rugby (A2R), organisme indépendant chargé de faire respecter l’équité financière et sportive. Selon Sud Radio, l’A2R a ouvert un dossier sur cette affaire, et n’exclut pas de futures sanctions sportives à l’encontre du club.

En cause, deux points majeurs : le contournement présumé du salary cap et le manque de transparence du montage financier ayant conduit à la signature du joueur. Si la régulation donne lieu à des sanctions sportives (retrait de points, interdiction de recrutement ou amende supplémentaire), cela pourrait sérieusement compromettre les ambitions nationales et européennes de Toulouse.

Cet épisode rappelle les cas retentissants du rugby anglais, notamment celui des Saracens, sanctionnés lourdement pour des pratiques similaires. Le rugby français serait-il en train de prendre le même virage répressif ?

Quel impact sur le vestiaire et l’image du Stade Toulousain ?

Alors que les Rouge et Noir restent en course pour le Brennus et dans le Top 8 européen, cette affaire jette une ombre sur la gestion du club, pourtant réputée pour sa rigueur et son excellence sportive. Si les dirigeants sont actifs pour éteindre l’incendie, l’affaire Jaminet risque d’enflammer les discussions en interne et de fragiliser la confiance des joueurs, actuels et à venir.

L’avenir dira si cette affaire fera figure d’exception ou de déclencheur d’un durcissement réglementaire du salary cap en France. Ce qui est sûr, c’est qu’à l’heure des grands objectifs, Toulouse devra composer avec cette turbulence extra-sportive sans que cela n’obscurcisse ses ambitions de doublé domestique et continental.

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