Le Tournoi des Six Nations 2024 a marqué le retour d’un guerrier longtemps resté dans l’ombre : Dorian Aldegheri. Pilier droit du Stade Toulousain, surnommé affectueusement « Doudou » dans les rangs du XV de France, il a vécu ce sacre avec autant d’intensité que de recul. Plus qu’un simple come-back sur les terrains internationaux, c’est l’histoire d’une résilience silencieuse, d’un joueur au parcours fait de travail, de doutes, mais aussi de passion et de fidélité au maillot.
Un retour au premier plan après des saisons dans l’ombre
Longtemps écarté de la hiérarchie au poste de pilier droit en sélection, Dorian Aldegheri (30 ans, 18 sélections) est revenu dans le groupe France à la faveur d’une excellente forme affichée en Top 14 avec le Stade Toulousain. Dans une saison où les absences – notamment celle d’Uini Atonio – ont forcé le staff tricolore à reconfigurer le pack, Aldegheri a saisi sa chance. Utilisé en remplaçant, il a parfaitement su remplir son rôle d’impact player, stabilisant la mêlée et amenant son expérience sur les temps faibles.
Avec la concurrence féroce à son poste (Setiano, Falatea, Haouas…), Aldegheri n’avait rien d’un titulaire indiscutable. Et pourtant, sa capacité à répondre présent dans les moments clés, son engagement sur chaque minute jouée et son humilité permanente ont convaincu Fabien Galthié et ses adjoints. Son retour ne doit rien au hasard mais tout à son travail de fond avec Toulouse, où il forme une des premières lignes les plus puissantes du championnat aux côtés de Marchand et Baille.
Une victoire précieuse… mais difficile à digérer
Dans une interview accordée à RMC Sport, l’incontournable Toulousain est revenu avec émotion sur ce sacre inattendu mais pleinement savouré :
« C’était une super expérience. C’est une histoire. C’était génial. Et quand tu es dedans, tu ne te rends pas compte… c’est ça qui est énorme. […] Une fois que c’est fini, tu te dis : ‘p…, c’était énorme ! J’ai envie d’y revenir !’ »
Plus révélateur encore : la difficulté du retour à la « réalité » avec le club. L’enchaînement direct avec le Top 14, le besoin de redescendre rapidement malgré le pic émotionnel vécu à Marcoussis, montrent à quel point un sacre dans le Tournoi peut être aussi grisant que perturbant à gérer. Aldegheri le reconnaît : l’ambiance au sein du groupe France, cette alchimie humaine autant que rugbystique, a laissé sa trace.
Quel impact pour le Stade Toulousain en Top 14 et Champions Cup ?
Rentré avec un supplément d’âme, Aldegheri arrive à point nommé pour une fin de saison où Toulouse joue gros. Avec un calendrier serré et des échéances majeures en Top 14 et Champions Cup, la profondeur d’effectif est capitale. Le retour du pilier droit en forme, soudé mentalement, bénéficie au staff d’Ugo Mola dans sa rotation des premières lignes.
Son expérience accumulée avec les Bleus renforce également le leadership du vestiaire toulousain, en plus d’offrir des garanties techniques en mêlée. Si Toulouse veut soulever au moins un trophée cette saison, le rôle d’Aldegheri sera déterminant, notamment dans les phases éliminatoires où chaque détail en mêlée fermée peut faire basculer un match.
Un joueur à part, fidèle à ses valeurs
Fan de musique metal, amateur de Harley-Davidson, Aldegheri est un personnage atypique dans le paysage rugby français. Ce profil discret, fidèle à Toulouse depuis ses débuts professionnels, incarne les valeurs d’un rugby de tempérament et de constance. Il ne court pas après les statistiques, mais répond toujours présent. Et aujourd’hui, il est au sommet. Sans tambour ni trompette, mais avec une rage de vivre les grands moments. Et ceux qui arrivent pourraient être encore plus grands…