À Toulouse, les records tombent aussi vite que les avants adverses sous les plaquages de François Cros. Et s’il y a un maître artificier qui incarne cette précision chirurgicale, c’est bien Thomas Ramos. L’arrière du Stade Toulousain, déjà meilleur réalisateur de l’histoire du club et du XV de France, ne compte pas s’arrêter là. Les yeux fixés sur un objectif ambitieux : détrôner le mythique Romain Teulet et ses 2612 points dans le Top 14.
Un Ramos toujours plus décisif avec le Stade Toulousain
Plus de 1500 points inscrits sous le maillot rouge et noir, quatre Boucliers de Brennus, deux Champions Cup : Thomas Ramos est non seulement un cadre du Stade Toulousain, mais aussi une référence incontestée à son poste. Sa régularité au pied et sa lecture du jeu en font une pièce maîtresse du dispositif d’Ugo Mola. Chaque saison semble confirmer son ascension, tant sur le plan technique que mental.
L’héritier de Jean-Baptiste Élissalde et Vincent Clerc dans la hiérarchie des marqueurs toulousains, Ramos fait figure de catalyseur dans les moments clés. Sa performance en finale de Top 14 la saison dernière, où il a battu le record de points du club, en est l’illustration parfaite. Mais l’homme, modeste en apparence, n’en est pas moins ambitieux.
Le record de Teulet : une cible assumée
Dans un entretien accordé à La Dépêche, Ramos ne cache pas son objectif : « Je regarde juste le numéro 1 : c’est Romain Teulet ». L’ancien arrière castrais, surnommé le « Petit Prince » pour sa fiabilité au pied, détient un record qui semblait jusqu’alors hors de portée. Avec 2612 points, la barre est haute. Très haute. Mais Ramos, à 28 ans et avec déjà 1566 points au compteur, a le temps et le talent de son côté.
La trajectoire de Ramos rappelle d’ailleurs celle de Teulet : tous deux précis, bosseurs, et rarement blessés. Sauf qu’au rythme actuel, et compte tenu de la longévité des buteurs modernes, ce record ne relève peut-être plus de l’utopie.
Quels enjeux pour le Stade Toulousain ?
Au-delà de l’ambition individuelle, cet objectif personnel pourrait avoir un impact positif sur les ambitions collectives du Stade Toulousain. En visant régulièrement les poteaux avec efficacité, Ramos assure de précieux points qui pèsent lourd dans les matchs à haute intensité. Et cela compte autant en Top 14 qu’en Champions Cup, où chaque transformation peut faire la différence entre la victoire et l’élimination.
Outre sa précision, Ramos a aussi gagné en influence stratégique dans le jeu. Sa capacité à alterner jeu au pied long, occupation intelligente et interventions décisives en attaque lui confère un rôle de métronome, notamment dans les fins de match tendues. Cette régularité sur la durée pourrait s’avérer décisive pour porter Toulouse vers un triplé historique, un objectif que le club ne cache plus.
Une quête de long terme, entre performance et légende
Pour égaler – ou dépasser – Teulet, Ramos devra prolonger cette forme étincelante plusieurs saisons encore. Un défi qui semble l’inspirer. S’il continue sur sa moyenne de 300 à 350 points par saison, il pourrait cocher la case « record du Top 14 » d’ici quatre ou cinq ans. Encore faut-il que les blessures l’épargnent et que les matchs à haute intensité se poursuivent… Un scénario plausible, tant Ramos fait désormais partie de la colonne vertébrale toulousaine.
Le Stade Toulousain, de son côté, a tout à gagner à voir son buteur principal évoluer à ce niveau. Un Ramos recordman, ce serait non seulement la consécration d’un joueur fidèle et complet, mais aussi l’affirmation d’un projet sportif cohérent, bâti sur la durée et l’excellence individuelle au service du collectif.