Ugo Pacome fasciné par le jeu du Stade Toulousain : un éloge inattendu venu de La Rochelle

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By Samuel Dion

Quand admiration rime avec rivalité. À quelques mois de rejoindre le Stade Rochelais, l’arrière Ugo Pacome a surpris son monde en affichant son admiration pour le jeu déployé par… le Stade Toulousain. Une sortie assumée qui illustre à la fois l’attractivité du style toulousain et les défis qui attendent La Rochelle, dont le jeu peine actuellement à séduire. Plongée dans les coulisses de cette déclaration qui secoue les passionnés de l’Ovalie.

Un jeune talent conquis par l’ADN de jeu toulousain

Révélé cette saison en Pro D2 sous les couleurs de Colomiers, Ugo Pacome ne cesse de marquer les esprits. L’international U20 a déjà tapé dans l’œil de nombreuses écuries du Top 14, mais c’est finalement le Stade Rochelais qui a sécurisé sa signature pour le futur, dans l’optique de préparer la succession de Brice Dulin à l’arrière.

Interrogé par Rugbyrama, Pacome a été très clair : s’il devait nommer un club dont le jeu le faisait rêver, ce serait sans hésitation le Stade Toulousain. « L’équipe qui fait halluciner tout le monde, c’est le Stade Toulousain. Faire des relances des 22 mètres et marquer des essais de 80 mètres, ça donne envie », a-t-il déclaré sans détour. Des propos rares, surtout venant d’un joueur nouvellement engagé avec l’un des principaux rivaux des Rouge et Noir.

Le jeu toulousain, référence du Top 14

Cette déclaration met en lumière une réalité que bien des adversaires du Stade Toulousain ne peuvent nier : le style de jeu toulousain fait rêver. Relances incisives, mouvements collectifs millimétrés, vitesse d’exécution et sens du spectacle… Cela fait plusieurs années que Ugo Mola a façonné une équipe à l’identité offensive bien assumée. Une philosophie qui a permis à Toulouse de dominer le rugby français, avec cinq Boucliers de Brennus conquistés depuis 2011, et un sixième Européen décroché en 2021.

Leur secret ? Une conservation de balle soignée, une animation offensive libérée portée par des profils comme Antoine Dupont, Thomas Ramos ou encore Romain Ntamack. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Pacome évoque l’aide précieuse reçue de Ramos cette saison, alors que les deux hommes ont partagé des moments d’échange. Thomas Ramos, arrière toulousain mais aussi mentor apparent de Pacome, incarne idéalement ce rugby porté sur l’initiative et la relance.

La Rochelle en quête d’un nouveau cycle

Dans le même entretien, Ugo Pacome reconnaît que, à l’inverse de Toulouse, son futur club peine à séduire actuellement : « Après La Rochelle, là en ce moment un peu moins. L’équipe est en train de se structurer ». Ce constat lucide reflète bien la période de transition que connaît le Stade Rochelais, victime de l’usure mentale après deux saisons éprouvantes et auréolées de succès européens (vainqueur de la Champions Cup en 2022 et 2023).

Le départ annoncé de plusieurs cadres, les blessures à répétition et une efficacité offensive en baisse ont freiné les ambitions du club maritime. Pourtant, l’arrivée de profils comme Pacome pourrait sonner la charge du renouveau. En intégrant un joueur fasciné par le jeu toulousain, La Rochelle pourrait chercher à davantage libérer son rugby, jusque-là plus axé sur la dimension physique et la conquête.

Quel impact pour le Stade Toulousain ?

Que peut tirer Toulouse de cette admiration ? D’abord une confirmation : le modèle de jeu prôné au Stade Ernest-Wallon continue d’attirer – et d’inspirer – au-delà des frontières de son propre effectif. Cela renforce la position du club comme étalon de référence dans le rugby français et européen. Ensuite, cela illustre le pouvoir d’attraction des leaders de cette équipe, à commencer par Ramos, qui joue un rôle de grand frère et de guide pour les talents émergents.

Dans un rugby où l’impact physique domine, la maîtrise technique et l’intelligence de jeu toulousaine restent des atouts majeurs pour jouer sur tous les tableaux : Top 14 et Champions Cup. Entériner cette identité de jeu, tout en assurant la relève par une formation exemplaire, comme on l’a encore vu avec Alexandre Roumat ou Mathis Lebel, demeure le plus grand défi du staff d’Ugo Mola.

En somme, les mots d’Ugo Pacome ne sont pas qu’une déclaration d’amour au jeu toulousain. Ils donnent un éclairage sur l’hégémonie culturelle exercée par le Stade Toulousain sur le rugby hexagonal. Et très certainement, un petit coup de boost d’estime avant un sprint final de saison où chaque détail comptera.

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