Alors que le Stade Toulousain s’apprête à défier le Rugby Club Toulonnais dans un quart de finale explosif de Champions Cup, le capitaine rouge et noir, Julien Marchand, n’a pas tardé à entrer dans le vif du sujet. Au sortir d’un huitième de finale compliqué face à Sale (31-17), le talonneur international s’est immédiatement tourné vers le choc à venir, en soulignant l’importance de la maîtrise du ballon face à la puissance varoise.
Un duel bouillant à Mayol : puissance contre fluidité
Il n’y aura pas de round d’observation ce dimanche à Mayol. Les Toulousains, tenants du titre de la Champions Cup, savent qu’ils auront affaire à une équipe toulonnaise métamorphosée. Emmené par un pack ultra-dominant et un Ben White étincelant à la mêlée, le RCT surfe sur une dynamique positive à la fois en Top 14 et en Coupe d’Europe.
Julien Marchand, lui, ne se fait aucune illusion sur l’intensité physique que va proposer le RCT. « On connaît cette équipe, on a suivi leurs performances en Coupe d’Europe comme en championnat. À nous de bien nous préparer pour nous mettre au niveau », a-t-il souligné dans une interview accordée à La Dépêche.
L’analyse est lucide : si Toulouse veut franchir l’obstacle toulonnais, cela passera par la maîtrise du rythme et une véritable guerre du jeu au sol. Un domaine dans lequel l’absence ou le retour de Jack Willis pourrait être déterminant.
Tenir le ballon, la condition sine qua non
Face à Sale, les Rouge et Noir ont mis du temps à entrer dans leur match. Un manque d’agressivité initial qui aurait pu coûter cher dans un contexte de phases finales. « On a vu que dès que nous avons été capables de mettre la main sur le ballon on a réussi à faire des choses très positives », confie Marchand. Ce constat illustre une tendance lourde : la possession est la meilleure défense du Stade Toulousain.
Cela ne surprendra personne : quand Dupont, Ntamack ou Ramos ont le ballon, c’est généralement Toulouse qui dicte le tempo. Mais encore faut-il l’avoir. Or, Toulon est l’une des formations les plus disciplinées en défense cette saison, avec un grattage efficace et une mêlée solide pouvant semer la zizanie dans les premières phases.
Face à cette armée rugueuse, Ugo Mola et son staff devront opter pour un plan de jeu très ciblé : éviter les zones de défi frontal, accélérer les libérations de ballon et écarter rapidement le jeu pour contourner le bloc défensif varois. Le replacement rapide des avants toulousains, tant dans le jeu courant que sur les phases statiques, sera aussi scruté à la loupe.
Une opposition de style et une guerre tactique
Le choc entre Toulouse et Toulon illustre une opposition de style emblématique de cette Champions Cup 2025 : le jeu en mouvement et la technicité toulousaine face à la puissance organisée varoise. Dans les coulisses d’Ernest-Wallon, on travaille notamment sur la stratégie de lancement depuis les rucks lents, afin de couper court à la pression défensive.
En ligne arrière, Pita Ahki et Juan Cruz Mallía seront des éléments clés pour étirer le terrain, tandis que l’activité de Marchand et Mauvaka au soutien pourrait faire la différence en termes de conservation et de vitesse. C’est un match où chaque ruck sera une bataille, chaque possession une opportunité à maximiser.
Dans un Mayol chaud bouillant, l’atmosphère s’annonce irrespirable. Mais si Toulouse parvient à faire dérailler la machine varoise grâce à son rugby total, alors les hommes de Mola valideront leur billet pour les demi-finales avec la manière.
Sans surprise, Julien Marchand résume parfaitement l’enjeu : « Se mettre au niveau ». Et pour un club comme Toulouse, cela signifie rien de moins que l’excellence tactique et physique.