Le Stade Toulousain entre dans un tunnel hivernal qui ressemble toujours à un test de profondeur. Ce samedi 1er novembre 2025 (21h), les Rouge et Noir accueillent un Stade Français ambitieux dans ce Classico de la neuvième journée de Top 14. Avec neuf joueurs retenus en équipe de France, Ugo Mola aligne une formation largement remaniée, misant sur la jeunesse et la polyvalence de ses hommes. Analyse d’un pari risqué mais prometteur.
Un effectif rajeuni mais encadré
Privé de ses cadres internationaux — Antoine Dupont, Romain Ntamack, Julien Marchand, François Cros, Emmanuel Meafou, Matthis Lebel, entre autres — le Stade Toulousain s’avance face au Stade Français avec un XV où la jeunesse prend le pouvoir. Un contexte particulier mais familier pour les Haut-Garonnais, habitués à gérer l’absence de leurs stars chaque automne pendant les tournées internationales.
Le troisième-ligne anglais Jack Willis, désormais habitué au brassard, mènera l’équipe depuis la troisième ligne, épaulé par Alexandre Roumat et Théo Ntamack. En deuxième ligne, Efrain Elias est associé à Clément Vergé, figure montante du réservoir toulousain. Devant, Rodrigue Neti est toujours là pour ancrer la mêlée avant de rejoindre le XV de France, accompagné de Thomas Lacombre et David Ainu’u.
Ce rajeunissement s’étend jusqu’à la charnière avec un duo inédit : Juan Cruz Mallia, repositionné à l’ouverture après son triplé contre Toulon, et Paul Graou, auteur d’un début de saison solide. L’Argentin, véritable couteau-suisse dans cette équipe, incarne à la perfection l’adaptabilité toulousaine. Derrière eux, la ligne de trois-quarts est plus expérimentée, avec Pita Ahki, Santiago Chocobares, Blair Kinghorn à l’arrière, et le retour de Dimitri Delibes sur l’aile, aux côtés d’Ange Capuozzo.
Des espoirs à fort potentiel sur le banc
Si la jeunesse est visible dans le XV de départ, le banc reflète encore davantage la philosophie du club toulousain : faire confiance à ses jeunes. Malachi Hawkes et Raphaël Portat, tous deux de retour de prêt à Provence Rugby, figurent parmi les remplaçants. Autre nom à surveiller : Roméo Bonnard-Martin, fils de l’ancien international Rémy Martin. Auteur de belles prestations avec les Espoirs, il goûte au très haut niveau dans un contexte électrique.
Bonne nouvelle également : le retour de Joel Merkler après blessure, mais surtout celui du pilier international Cyril Baille, réintégré pour encadrer cette jeunesse montante. Son savoir-faire sera précieux dans les mêlées et pour stabiliser un groupe qui manque naturellement d’automatismes.
Un test grandeur nature face à un Stade Français au complet
Face à ce jeune collectif, le Stade Français se présentera avec toutes ses forces. En l’absence de ses internationaux, Ugo Mola sait que cette phase de la saison est capitale pour ne pas décrocher au classement du Top 14. L’enjeu est clair : contenir une équipe en confiance et bien huilée, et prouver que la formation toulousaine est plus qu’un réservoir de talent — une réelle assurance compétitive.
Historiquement, le Stade Toulousain a souvent brillé dans ce type de configuration. Mais attention : l’opposition ce samedi s’annonce corsée, contre une équipe de la capitale ambitieuse et en pleine forme. Pour les jeunes pousses toulousaines, ce Classico pourrait bien faire office de véritable rite initiatique.
Conclusion : Plus qu’une simple rotation d’effectif, cette composition traduit le modèle unique du Stade Toulousain, à la croisée des exigences du très haut niveau et de la volonté de construire sur le long terme. Rendez-vous ce samedi soir pour juger sur le terrain la portée de ce pari audacieux.