Le jeune pilier Paul Mallez est à l’origine d’une divergence de vues entre le staff du Stade Toulousain et Fabien Galthié. Ce dernier le projette pilier gauche avec le XV de France, quand Toulouse le structure comme pilier droit. Analyse d’un cas stratégique qui illustre les enjeux de polyvalence et de gestion des profils en club et en sélection.
Paul Mallez, l’étoile montante qui bouscule les plans
Révélé au grand public durant la tournée du XV de France en Nouvelle-Zélande en juin 2025, Paul Mallez n’a pas manqué ses débuts. Après deux années de prêt à Provence Rugby (Pro D2), où il a consolidé son rendement en mêlée et perfectionné son jeu d’impact, le pilier retrouve le Stade Toulousain avec une nouvelle dimension.
Fabien Galthié, séduit par sa puissance et sa stabilité en mêlée, l’a installé comme alternative à gauche, poste auquel il a disputé ses quatre premières sélections face aux Blacks. Une utilisation qui a surpris, mais surtout révélé un potentiel inattendu à ce poste si exigeant. En conférence de presse, le sélectionneur des Bleus a affirmé que « son avenir international passe par le poste de pilier gauche », selon Midi Olympique.
Le Stade Toulousain reste ferme : Mallez est un pilier droit
Mais à Toulouse, le discours est clair : Paul Mallez évoluera principalement en pilier droit, sa position de cœur. C’est ce qu’a confirmé Virgile Lacombe, entraîneur des avants du Stade Toulousain. « Ce sera à lui de décider de la suite mais dans notre effectif, on le compte en tant que pilier droit avec une polyvalence à gauche », confie-t-il à Midi Olympique.
Ce choix est dicté autant par les besoins du club que par le profil technique de Mallez. Polyvalent, robuste, doté d’un bon timing en mêlée fermée et d’un sens du placement qui s’aiguise, Mallez est un atout dans un secteur où Toulouse a été frappé par les blessures ces deux dernières saisons. « On a manqué de piliers droits ces deux dernières années. Sa présence, en plus de celles d’Aldegheri, Merkler et Colombe, va créer une saine concurrence », poursuit Lacombe.
Quelles conséquences pour son avenir en Bleu ?
Ce désaccord entre club et sélectionneur ouvre une vraie interrogation : l’utilisation de Mallez à droite à Toulouse peut-elle nuire à ses chances d’ancrer sa place en équipe de France comme pilier gauche ? Si Galthié poursuit son projet, il pourrait privilégier des profils plus spécialisés à gauche, comme Reda Wardi ou Clément Castets, surtout en cas d’indisponibilités majeures.
Mais cette polyvalence pourrait aussi se retourner en faveur de Mallez à l’approche des grandes échéances comme le Tournoi des 6 Nations 2026 ou la tournée estivale. Sa capacité à dépanner des deux côtés de la mêlée est un atout stratégique pour les sélectionneurs. L’histoire récente du rugby montre que les piliers capables de switcher selon les besoins du collectif sont précieusement gardés dans le groupe France.
Un test grandeur nature pour Toulouse et pour Mallez
À Toulouse, la saison 2025-2026 s’annonce intense, entre Top 14, Champions Cup et ambitions de titre retrouvées. Paul Mallez devra batailler pour obtenir du temps de jeu au sein d’un effectif riche et dense. Mais il arrive lancé, avec un mental de compétiteur et une confiance acquise chez les Bleus. Son intégration dans l’effectif rouge et noir, en tant que pilier droit dans la rotation, pourrait bien redonner à Toulouse une profondeur précieuse dans l’un des secteurs les plus exigeants du rugby moderne.
Rendez-vous dès la première journée de Top 14 pour voir dans quel rôle Ugo Mola choisira de l’utiliser. Une saison charnière débute pour Paul Mallez… et peut-être pour les équilibres entre clubs et sélection dans la gestion des talents en première ligne.