Avec les prolongations actées des deuxièmes lignes Thibaud Flament et Joshua Brennan, le Stade Toulousain continue de sécuriser ses forces vives en vue de l’avenir. Mais derrière ces annonces se cache une réalité plus complexe : plusieurs joueurs, en fin de contrat en juin 2025, pourraient en faire les frais. État des lieux et analyse.
Une politique de prolongations ambitieuse mais risquée
Depuis deux saisons, la direction rouge et noire menée par Didier Lacroix a mis en place une stratégie claire : verrouiller ses jeunes talents et cadres majeurs avant qu’ils ne soient courtisés par la concurrence. Après Mauvaka, Jelonch, Barassi, Roumat ou encore Kinghorn, c’est au tour de Thibaud Flament et Joshua Brennan de prolonger leur engagement avec le club. Le premier, devenu incontournable en Bleu et dans le pack toulousain, et le second, en pleine ascension, incarnent la relève du club au poste de deuxième ligne.
Mais cette politique a un coût. Le salary cap imposé par la LNR contraint les clubs à faire des choix forts. Chaque prolongation pèse sur la masse salariale, et à chaque signature, le risque de devoir se séparer de joueurs importants augmente.
Juan Cruz Mallia, vers une prolongation logique
Figure polyvalente et indispensable du dispositif d’Ugo Mola, l’Argentin Juan Cruz Mallia devrait, sauf rebondissement, prolonger son bail avec le Stade Toulousain. Selon nos informations, les discussions sont bien avancées, et une officialisation est attendue dans les prochaines semaines. Mallia, capable d’évoluer à la fois à l’arrière, à l’aile et au centre, reste une pièce maîtresse dans la rotation toulousaine, particulièrement en période internationale.
Delibes et Lebel en danger face à l’arrivée de Menoncello ?
C’est peut-être sur les ailes que la situation est la plus floue. L’arrivée annoncée du jeune trois-quarts centre italien Tommaso Menoncello (22 ans, Benetton Treviso) pourrait provoquer un effet domino. L’international italien possède les qualités pour évoluer aussi bien au centre qu’à l’aile, un profil qui pourrait doubler voire remplacer ceux de Mathis Lebel et Dimitri Delibes, actuellement en fin de contrat. Si Delibes a régulièrement été utilisé dans la rotation, Lebel peine à retrouver son niveau de 2021 qui lui avait ouvert les portes du XV de France.
Libérer l’un des deux permettrait de rééquilibrer la masse salariale sans trop entamer la profondeur de banc. Un choix cornélien pour le staff, alors que la concurrence est rude et les ambitions intactes aussi bien en Top 14 qu’en Champions Cup.
Une hiérarchie bousculée chez les avants
En première ligne, plusieurs dossiers méritent une attention particulière. Guillaume Cramont, talonneur talentueux auteur d’un triplé face à Castres cette saison, est en pleine réflexion. Derrière les intouchables Julien Marchand et Peato Mauvaka, son temps de jeu reste limité malgré des performances solides. Courtisé par d’autres écuries du Top 14, un départ lui garantirait sans doute une plus grande exposition, mais le joueur formé au club pourrait aussi tenter de renverser la hiérarchie à Toulouse.
De son côté, Rodrigue Neti semble avoir gagné la confiance du staff. Profitant de la forme irrégulière de Baille depuis sa blessure, le pilier gauche est devenu un vrai pilier (sans jeu de mot) de la mêlée stadiste. Une prolongation semble dans les tuyaux, tant sa présence est devenue précieuse lors des joutes physiques du Top 14.
Le jeune Paul Mallez, de retour d’un prêt réussi à Provence Rugby puis récent international, devra convaincre de sa place dans l’effectif. Malheureusement blessé ce début de saison, il pourrait souffrir de la montée en puissance de Neti.
Une concurrence féroce chez les doublures
La gestion du poste de demi de mêlée sera aussi stratégique. Avec le retour d’Antoine Dupont, et l’éclosion de Simon Deroque (21 ans), le Japonais Kaito Saito, peu utilisé ces derniers mois, pourrait être poussé vers la sortie. Mola et son staff misent énormément sur les jeunes, et Deroque coche toutes les cases du futur numéro 9 pour suppléer Dupont.
Enfin, Eliot Pouzelgues, jeune pilier droit, peine à sortir du lot face à la concurrence féroce à son poste. Son avenir semble plus incertain que jamais.
Le Stade Toulousain, en verrouillant ses cadres, envoie un signal fort sur ses objectifs à long terme. Mais ce recentrage stratégique exige des choix douloureux, voire symboliques. À quelques mois de la fin de saison 2024-2025, chaque décision pourrait avoir un impact majeur sur l’équilibre de l’effectif et la dynamique du groupe. À suivre de très près.