Stade Toulousain : ces jeunes talents à surveiller durant les doublons du Tournoi des Six Nations 2025

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By Samuel Dion

Chaque saison, la période des doublons liée au Tournoi des Six Nations devient un casse-tête pour les clubs de Top 14. Mais au Stade Toulousain, elle se transforme régulièrement en aubaine. Privé de ses internationaux, Ugo Mola puise dans la richesse de son vivier de jeunes talents. Et en 2025, ce phénomène pourrait une nouvelle fois confirmer le savoir-faire toulousain en matière de formation. Focus sur les futurs cadres en devenir.

Un modèle rodé face aux doublons

Avec une quinzaine de joueurs appelés avec leurs sélections pour préparer les échéances internationales (France, Argentine, Écosse, etc.), Toulouse doit remodeler son XV de départ sans ses leaders : Antoine Dupont, Romain Ntamack, Cyril Baille, Peato Mauvaka, ou encore Thomas Ramos. Pourtant, le club rouge et noir affiche une remarquable stabilité durant cette période critique du calendrier.

Ce « problème de luxe » devient un tremplin pour les espoirs du centre de formation. Le succès bonifié face à Bayonne (31-10), lors du premier week-end de la fenêtre internationale, montre à quel point Mola et son staff parviennent à maintenir l’exigence. Le recrutement intelligent, les prêts bien dosés, et une communication fluide entre les clubs partenaires (Colomiers, Provence Rugby, USAP) permettent une montée en puissance maîtrisée.

Les jeunes Tou-lumières à guetter

Valentin Delpy confirme qu’il n’est plus un simple espoir. Après avoir participé au maintien de Perpignan en 2023-2024 et réalisé des performances solides à Colomiers cette saison, le jeune ouvreur toulousain s’impose comme une sérieuse option. Malgré un début de match hésitant face à Bayonne, il a su se reprendre, gérer le tempo, et peser dans la distribution. En l’absence de Ntamack, Ramos, Mallia et Kinghorn, il porte une lourde responsabilité sur ses épaules… mais semble prêt.

Roméo Bonnard-Martin, fils de l’ancien international Rémy Martin, s’installe dans la rotation de la deuxième-ligne. Puissant, dur sur l’homme et déjà U20 tricolore, il a l’occasion unique de se montrer avec les forfaits de Flament, Meafou et Brennan. Il symbolise cette nouvelle garde qui monte sans complexe.

Raphaël Portat, autre deuxième-ligne prometteur, revient en soutien depuis Provence Rugby où il s’est aguerri. Très à l’aise en touche, ses premières prestations contre le Stade Français en début d’exercice avaient déjà attiré l’attention.

Malachi Hawkes, capable d’occuper tous les postes de la première-ligne, revient de blessure à un moment crucial. Déjà remarqué en Top 14 l’an passé, il pourrait devenir un facteur X dans un paquet d’avant décimé par les sélections (Marchand, Aldegheri, Neti, Mauvaka, Baille…).

Tomas Rapetti, grand espoir issu de la Coupe du Monde U20 2024, a fait sensation contre Bayonne. Annoncé comme l’un des piliers les plus prometteurs du circuit mondial, l’Argentin a désormais l’opportunité de se frotter au gratin français. Sa puissance brute et sa mobilité font déjà saliver les suiveurs.

Lucas Vignères lutte dans un secteur ultra-concurrentiel : le centre. Pourtant, son intelligence de jeu et son abattage défensif ne passent pas inaperçus. Avec des absences au cœur du terrain, il pourrait marquer de précieux points avant un possible prêt à Colomiers la saison suivante.

Enfin, Lucien Richardis, l’international espagnol, possède un profil rare. Capable d’évoluer à l’ouverture ou à l’arrière, il a déjà brillé par sa vista en première partie de saison. Face à Montauban ou Paris, il pourrait soulager Delpy et s’affirmer comme une doublure fiable dans les prochaines années.

Quels enjeux à moyen terme ?

Outre la gestion de l’effectif à court terme, ces révélations pendant les doublons peuvent avoir un impact structurant sur les plans du Stade Toulousain à moyen et long terme. La politique de prêt, les projets de succession (notamment en première-ligne ou à l’ouverture), et la maîtrise du salary cap passent par cette valorisation des jeunes issus de la formation.

L’enjeu est double : performer malgré les absences de cadres, tout en assurant la montée en compétence des futurs piliers du club. Le Stade Toulousain affiche là encore sa singularité dans un championnat de plus en plus exigeant. Reste à ces jeunes à transformer l’essai.

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