Le Stade Toulousain a encore frappé fort à Ernest-Wallon. Une victoire nette 31-10 contre l’Aviron Bayonnais qui prouve, une fois de plus, que même en l’absence de ses cadres internationaux, le club rouge et noir sait répondre présent. Derrière cette prestation convaincante, Jean Bouilhou n’hésite pas à pointer un tournant : l’état d’esprit du groupe durant la fameuse période des doublons.
Un défi annuel pour le Stade Toulousain
Chaque saison, à l’approche des doublons – ces moments où les clubs doivent jouer sans leurs internationaux retenus en sélection –, le Stade Toulousain est l’un des clubs les plus pénalisés. En 2025, pas moins de 11 joueurs ont été appelés en équipe de France et dans d’autres sélections nationales. Brennan, Roumat, Baille ou encore Blair Kinghorn ont été absents toute la semaine avant de revenir en toute fin de préparation. Autant dire que la gestion d’effectif est un véritable casse-tête pour le staff toulousain.
Et pourtant, cette complexité devient une opportunité. Depuis plusieurs saisons, les doublons ne sont plus vus comme une période de repli, mais comme un révélateur de la profondeur d’effectif du Stade Toulousain. Jean Bouilhou, entraîneur des avants, va même plus loin :
« C’est toujours des périodes qu’on aime bien parce qu’on sait qu’on est dans une adversité plus importante que d’habitude […] Il y a ce supplément d’âme, d’énergie. Toutes les ressources du club sont mobilisées pour ces matchs-là », a-t-il déclaré en conférence de presse (source : conférence de presse Stade Toulousain, après ST – Aviron Bayonnais, février 2025).
Une dynamique collective reforcée par l’adversité
Face à Bayonne, Toulouse a connu un début de match accroché. La densité physique et l’agressivité des Basques ont longtemps gêné les Toulousains. Mais en deuxième mi-temps, le rapport de force s’est inversé, notamment grâce aux entrants. Cet aspect n’est pas anodin : il symbolise l’investissement collectif et la préparation coordonnée en amont.
La gestion de ces doublons ne se fait pas à la légère. C’est toute l’organisation du club qui est revue. Du staff de la préparation physique aux analystes vidéo, en passant par l’encadrement des Espoirs, chaque membre du club est mis à contribution. Ce roulement maîtrisé permet l’émergence de talents comme Graou ou Barassi, revenus très en forme et décisifs face à Bayonne.
La stratégie revient aussi à faire confiance à des joueurs qui, en temps normal, sont moins utilisés. Ce pragmatisme tactique permet à l’équipe de garder le cap tout en maintenant une grande compétitivité. Les doublons se transforment alors en tremplin pour certains et en électrochoc collectif.
Enjeux pour la suite : un test grandeur nature contre le Stade Français
Avec cette victoire, le Stade Toulousain consolide sa première place du Top 14. Mais la route est encore longue, et le prochain déplacement à Paris s’annonce crucial. Affronter le Stade Français sur ses terres, lors d’un autre week-end international, constitue un nouveau test pour les hommes de Bouilhou et Mola. Les doublons seront encore bien présents, les absents toujours nombreux.
L’enjeu est double : consolider sa suprématie nationale tout en préparant les phases finales avec un maximum de joueurs en confiance. Car chaque victoire en période de doublons est un gain de confiance pour les joueurs comme pour le collectif.
En se métamorphosant durant ces périodes complexes, le Stade Toulousain démontre que sa force ne réside pas seulement dans ses stars internationales, mais dans la richesse de son effectif, son organisation millimétrée… et un supplément d’âme qui fait toute la différence.
Le mot d’ordre est clair : ne pas subir, mais construire, même quand la moitié de l’effectif est au service des Bleus. Une approche résolument toulousaine, résolument gagnante.