Alors que l’équipe de France s’apprête à défier l’Afrique du Sud dans un choc au sommet, Romain Ntamack a tenu à mettre en lumière un coéquipier devenu incontournable au sein des Bleus : Thomas Ramos. Le joueur formé au Stade Toulousain a pris une nouvelle dimension, autant sur le terrain qu’en dehors. Et pour le demi d’ouverture, cette progression rend justice à des années d’investissement discret mais ô combien précieux.
Ramos, d’oublié à pilier du groupe France
Il fut un temps où Thomas Ramos semblait condamné à jouer les doublures. Entre la Coupe du monde 2019, qu’il avait dû quitter après une blessure, et la succession de choix opérés par Fabien Galthié en faveur d’Anthony Bouthier, Brice Dulin ou encore Melvyn Jaminet, l’arrière du Stade Toulousain a longtemps ruminé sa frustration en silence. Pourtant, à force d’abnégation, le natif de Mazamet s’est imposé comme une garantie au poste d’arrière sous le maillot tricolore.
Fiable sous les ballons hauts, précieux dans l’alternance au pied et toujours juste dans ses lectures défensives, Ramos a su faire parler ses qualités. Mais plus encore que ses performances individuelles, c’est son rôle dans le collectif qui interpelle désormais. Pour Ntamack, son influence n’est plus à démontrer : « Sa parole est très écoutée, quoi qu’il dise », a expliqué l’ouvreur en conférence de presse (source : Fédération Française de Rugby, point presse du 7 février 2025).
Cette reconnaissance arrive également à point nommé. Après avoir été injustement tenu dans l’ombre d’un Antoine Dupont ou d’un Matthieu Jalibert, Ramos vient de recevoir, selon Midi Olympique, l’Oscar d’Or, une distinction honorant le meilleur joueur français de l’année. Une validation de plus pour le Toulousain, qui enchaîne les prestations de haut niveau avec une régularité impressionnante.
Leadership, constance et impact au Stade Toulousain
Ce que Ramos apporte au XV de France, il l’incarne déjà depuis plusieurs saisons au Stade Toulousain. Leader dans l’ombre, fer de lance du système offensif porté par Ugo Mola, l’arrière est aussi l’un des meilleurs buteurs du Top 14, affichant régulièrement des taux de réussite au pied supérieurs à 85 %. Sa capacité à prendre les initiatives, comme à temporiser le jeu, fait de lui une rampe de lancement essentielle pour les lignes arrières de Toulouse… et de la France.
Côté mentalité, Ramos fait figure d’exemple. Jamais un mot plus haut que l’autre, il incarne cette fameuse « culture du travail » chère au Stade Toulousain. Ntamack ne s’y trompe pas : « Il embarque tout le monde derrière lui. […] Ça se confirme d’année en année où il monte encore en puissance au fur et à mesure des années, en prenant de l’âge et de l’expérience. »
Dans une concurrence féroce au poste d’arrière, où Jaminet tente de revenir et où des profils plus explosifs poussent (Fouilloux, Delbouis dans les lignes arrières), Ramos reste indétrônable. Son expérience et sa lecture tactique guident les jeunes, et son rendement statistique ne fléchit pas.
Quel impact pour le XV de France et le Stade Toulousain en 2025 ?
Le timing de cette reconnaissance tombe à pic. À l’aube d’un Tournoi des Six Nations crucial et dans l’optique des tests de fin d’année face aux nations du sud, l’équipe de Fabien Galthié aura besoin de certitudes. Avec Ramos, elle en tient une. Sa régularité en Top 14 et en Champions Cup avec le Stade Toulousain en fait une valeur sûre davantage qu’un choix par défaut. Et sa capacité à occuper plusieurs postes ouvre des options tactiques intéressantes, en soutien de joueurs comme Jalibert ou Lucu.
Pour Toulouse, conserver Ramos en pleine possession de ses moyens physiques et mentaux est un luxe. Dans la rotation, il permet à Mola de reposer Dupont ou Ntamack, en prenant le leadership du jeu depuis l’arrière ou en glissant à l’ouverture.
À 29 ans, Thomas Ramos semble au sommet de son art. Le Stade Toulousain comme le XV de France comptent sur lui pour être bien plus qu’un meneur de jeu : un guide, un gestionnaire, et un leader naturel. Les paroles de Romain Ntamack ne relèvent pas de la courtoisie : elles traduisent l’évolution d’un joueur exemplaire, devenu pilier de deux grandes équipes.