Stade Toulousain : un début de saison sans ses stars, un vrai test de profondeur

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By Samuel Dion

Le Stade Toulousain attaque la saison 2025-2026 dans un contexte inédit : privé de nombreux cadres blessés ou mobilisés à l’international, le club va devoir puiser dans ses ressources pour rester compétitif dès les premières journées du Top 14.

Une reprise amputée de plusieurs leaders

Si le Stade Toulousain a terminé la précédente saison en apothéose, avec un titre de champion de France conquis sans Antoine Dupont, le début de la nouvelle campagne s’annonce tout aussi périlleux. La rentrée sportive est prévue le 6 septembre, mais plusieurs piliers de l’équipe ne seront pas sur la feuille de match.

Le demi de mêlée et capitaine, Antoine Dupont, victime d’une rupture des ligaments croisés lors du Tournoi des Six Nations 2025, ne devrait retrouver les terrains qu’à la fin novembre. Même scénario pour son coéquipier de toujours, Romain Ntamack. Le stratège toulousain a choisi de passer sur le billard peu après la finale du Top 14 remportée contre l’UBB en juin. Diagnostic : opération au genou, minimum deux mois d’absence.

Le talonneur Peato Mauvaka, autre pion essentiel du pack toulousain, soigne lui aussi une blessure grave (ligament croisé) contractée à la fin de la saison passée. Il manquera une large partie de la phase aller, réduisant considérablement l’expérience en première ligne.

Des absences prolongées par les calendriers internationaux

Les internationaux argentins Juan Cruz Mallía, Santiago Chocobares et Efrein Elias devraient être retenus pour disputer le Rugby Championship, jusqu’au mois d’octobre. Ces absences viennent s’ajouter à une liste déjà bien remplie, contraignant Ugo Mola à rebattre ses cartes dès la reprise.

Autre contrainte : la tournée estivale 2025. Plusieurs joueurs toulousains, engagés avec l’équipe de France en Nouvelle-Zélande, comme George-Henri Colombe, Paul Mallez, Joshua Brennan et Pierre-Louis Barassi, ne retrouveront Ernest-Wallon qu’à partir du 18 août. Leur condition physique pourrait les empêcher de figurer dans le groupe lors de la première journée. Même cas de figure pour Blair Kinghorn, parti en tournée avec les Lions britanniques et irlandais.

Un effectif profond pour relever le défi

Malgré cette avalanche d’absences, le Stade Toulousain a de quoi voir venir. Grâce à sa politique de formation et un recrutement ciblé, le staff a construit une équipe capable d’encaisser les coups durs. L’éclosion de jeunes talents comme Mathis Castro-Ferreira, Hugo Reilhes ou encore Paul Costes devrait leur permettre de se montrer dès les premières journées.

En outre, des joueurs comme Thomas Ramos ou François Cros, épargnés par les blessures et les convocations sur la scène internationale pour cet été, devraient assurer le rôle de cadre en ce début de saison compliqué. Le staff toulousain peut également s’appuyer sur des polyvalents comme Sofiane Guitoune ou Sam Simmonds pour stabiliser l’équipe.

Quelles ambitions pour le club malgré l’adversité ?

Malgré un effectif affaibli sur le papier, le Stade Toulousain reste un prétendant au titre. La direction mise sur un retour progressif de ses leaders à l’approche des joutes européennes (Champions Cup) et des phases clés du Top 14. C’est aussi un moment clé dans la gestion d’une saison longue : préserver la fraîcheur physique pour le sprint final sans tomber trop bas au classement durant les premières journées.

Comme l’a déclaré Ugo Mola dans une interview donnée à Rugbyrama le mois dernier : « Ce début de saison, c’est une opportunité pour renforcer la valeur de notre collectif, pas une excuse pour baisser le rythme. » Des mots qui résonnent dans un vestiaire où la solidarité sera essentielle.

Affaibli mais pas abattu, le Stade Toulousain va une nouvelle fois prouver que son ADN ne repose pas uniquement sur quelques stars, mais sur une culture du jeu et une profondeur d’effectif qui font sa force depuis tant d’années.

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